« Journal de campagne » d’Alain Leduc

L’actualité des élections communales à Saint-Gilles

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C’est la rentrée politique ….

11 septembre 2008 ·

Les 29 et 30 août, après des vacances réparatrices, j’étais aux Rencontres d’été du PS à Chevetogne.

Alain et Ann Ressler

Retour studieux : douze ateliers autour du thème de la solidarité. Dont l’un d’entre eux consacré au thème de la diversité, et dans lequel j’intervenais à partir de mon expérience de municipaliste à Saint-Gilles et d’associatif à Lire et Ecrire (toujours mes deux casquettes sur la tête J). Témoignages passionnants d’une trentaine de militants wallons et bruxellois … Exposés structurants, notamment apportés par le Directeur du Centre pour l’Egalité des chances, Edouard Delruelle …. Ambiance détendue, chouette rencontre de Ann (par ailleurs coordinatrice du Collectif alpha) Téo (venu pour le BBQ ?), et leurs jumeaux.

Rentrée politique fédérale relativement ( ?) calme, les vacances ont fait du bien à tout le monde, même si rien n’est résolu. Là aussi, chacun (à part les extrémistes) tente de garder son calme. Oui, on est à la veille d’une grande réforme de l’Etat, peut-être la dernière ? On va vers une forme de confédéralisme « à l’envers », c’est-à-dire qu’on défédéralise : dans tous les cas et quels que soient les chiffres, on va vers une Belgique MOINS solidaire. Et en tant que socialistes, on n’aime pas ça … Bien sûr les transferts semblent aujourd’hui plus favorables aux francophones, wallons et bruxellois. Mais qu’en sera-t-il dans 10 ans, quand la Flandre vieillissante verra exploser le coût de ses pensions ? Bref, on attend avec intérêt le rapport au Roi de nos 3 médiateurs …

Elio Di Rupo serine à longueur de journée, parfois de manière lassante, le message socialiste : « la priorité, c’est les gens, c’est le pouvoir d’achat ». C’est vrai que nombre de grandes questions sociales restent sans réponse. Nous avions manifesté en juillet pour la sauvegarde du FIPI, ce Fonds alimenté par la Loterie nationale qui permet de travailler à plus d’égalité dans les quartiers. Mais il y a plus centralement l’augmentation des coûts de l’énergie, la perte de pouvoir d’achat, la situation des plus faibles, les pensionnés, les chômeurs, les malades et tous ces travailleurs quasi au smic.

Dans LE SOIR du 3 septembre 2008, Charles Picqué lance un appel à la société civile pour faire émerger une conscience bruxelloise. C’est vrai que les bruxellois n’ont pas dans les tripes cette « conscience régionale », qui vire parfois à une fierté un peu désuète chez les wallons (mais c’est pas grave …) et souvent vers le nationalisme chez les Flamands (voir les scores cumulés du Vlaams Belang, de la Liste Dedecker et de la NVA). A Bruxelles, on ressent moins ce besoin d’identité. Plusieurs raisons l’expliquent : les francophones et les flamands gèrent la région ensemble sans heurts, avec une volonté (majoritaire) de respect mutuel et de consensus. Cette région est aussi incroyablement multiculturelle, elle a plus tenté d’intégrer les différents courants migratoires pour un « vivre ensemble » harmonieux qu’affirmé les spécificités de son folklore « historique ». Cette région est limitée aux 19 communes, et nombre de ses cadres vivent aujourd’hui en périphérie, wallonne ou flamande : ils ont peut-être ainsi moins d’intérêt pour la qualité de vie à Bruxelles ? Enfin, la Région bruxelloise n’existe que depuis 20 ans, et le fait régional est encore institutionnellement fragile : c’est ce qui permet que Bruxelles continue même à être contestée par les flamands qui n’y voient pas une « Région à part entière ». C’est pourtant ce que dit notre CONSTITUTION ! La réponse à l’appel de Charles Picqué à la société civile devra intégrer ces différents éléments : le but est d ‘affirmer une identité positive, respectueuse et incluante, PAS de développer bien sûr un nationalisme bruxellois de supériorité et de rejet. A réfléchir, et vite !

Enfin, last but not least, Didier Reynders remet le couvert en dénonçant le plan Marshall en Wallonie (dont les patrons disent pourtant tant de bien …), et lance ainsi la campagne pour les élections régionales de juin 2009, avec comme objectif de devenir le premier parti wallon. Pour ceux qui pensent que « de toute façon, les politiciens sont to’di les mêmes », je recommande une lecture de vacances assez passionnante et instructive : le livre de Marco Van Hees (bon, d’accord, c’est un syndicaliste et un gauchiste … mais c’est si bon …) sur « Didier Reynders, l’homme qui parle à l’oreille des riches ». C’est pédagogique et très instructif. Ca se lit comme un roman. Et on comprend là que chaque mesure fiscale prise par l’ami Didier bénéficie à ceux qui en ont le plus, pardon le MOINS ! besoin. Comment taxer les pauvres pour donner aux riches, franchement, Sarko fait moins bien (et pourtant, il est fort, Sarko !). Je n’ai pas vu Didier déposer plainte en diffamation (je me trompe ?) et pourtant, comme disent les d’jeunes, « c’est du lourd ».

Dans 9 mois donc, nous voterons au moins pour les Régionales et les Européennes. Pendant cette très longue campagne, nous entendrons, comme d’hab, tout et son contraire. C’est une période de grande imagination, de grand individualisme et souvent de démagogie et d’opportunisme sans borne ! Les sauveurs de l’humanité se révèlent … pour quelques semaines. J’aborde cette période avec la volonté de poursuivre le travail en équipe, « au service des gens », au service des plus démunis. Avec cette double casquette, associative et politique, qui crée du lien entre la société civile et les élus. On fera le bilan de tout ce que nous avons contribué à faire avancer en matière d’alphabétisation, d’emploi, de diversité culturelle, de formation professionnelle, d’accès au sport et à la culture. Nous confronterons ceux qui ont posé des actes à ceux qui ont remué du vent. C’est donc, vous l’aurez compris, avec une grande confiance et en sollicitant déjà votre soutien, que j’aborde cette période troublée.

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