« Journal de campagne » d’Alain Leduc

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L’emploi des jeunes à Bruxelles

21 mars 2008 ·

A Bruxelles, plus d’ 1jeune sur 3 est sans emploi. Notre Région est montrée du doigt par la Région flamande qui accuse nos chômeurs d’être de mauvaise volonté et nos services publics d’être inefficaces. Pourtant, si l’on regarde de plus près, on se rend compte qu’un certain nombre de causes structurelles permettent d’expliquer ce chômage massif. Dans un « Cahier du Fil Rouge » datant de 2006, je fais état de ces causes, en voici un aperçu:

1. La démographie
Contrairement aux 2 autres Régions, la population bruxelloise, elle, rajeunit, ce qui entraîne une brusque augmentation de sa population active.

2. Les limites de la Région bruxelloise
Bruxelles est limitée à une petite zone qui recouvre les 19 communes, or comme dans toutes les villes, les richesses et possibilités d’embauche se situent en périphéries, lesquelles appartiennent aux 2 autres Régions.

3. Les Navetteurs
Seuls 50% des emplois à Bruxelles sont occupés par des Bruxellois. L’autre moitié est composée de navetteurs flamands et wallons qui payent leurs impôts dans leur Région. Bruxelles doit donc assurer une série de frais qui sont liés à sa fonction de capitale.

4. Le niveau de qualification
Il y a une inadéquation entre l’offre et la demande d’emploi: seul un tiers des demandeurs d’emploi détient un diplôme du secondaire supérieur, or Bruxelles comportant de nombreuses institutions, il y a très peu de demande pour des emplois faiblement qualifiés.

5. L’Ecole
Depuis les années 70, l’école bruxelloise est la moins performante des trois Régions du Pays: déterminisme social, échecs et décrochage scolaires, dualisation entre bonnes et mauvaises écoles, etc.

6. Les Droits de Tirage
Le coût social d’un chômeur est plus élevé que celui d’un travailleur puisqu’en plus de payer une indemnité, aucune cotisation, ni aucun impôt n’est reversé à l’Etat. C’est de ce point de vue que les aides à l’emploi sont créées car il est plus intéressant de payer des salaires à des employeurs que des indemnités de chômage aux demandeurs d’emploi.

7. La Fonction publique
Il y a non seulement une sous-représentation des Bruxellois dans les institutions bruxelloises, mais aussi dans les institutions fédérales. Seuls 5.6% des travailleurs de la Fonction publique fédérale sont bruxellois, ce qui est bien en-dessous des 10% de Bruxellois présents dans la population belge.

8. Le Bilinguisme
De nombreuses fonctions requièrent la connaissance de plusieurs langues, ce qui exclut une partie des demandeurs d’emploi. Mais certaines fonctions critiques n’exigent la connaissance que d’une seule langue. Cela signifie aussi que bon nombre de Bruxellois ne trouve pas d’emploi parce qu’ils ne maîtrisent aucune des deux langues.

9. Les discriminations à l’embauche
A qualification égale, le taux de chômage des étrangers non européens est systèmatiquement plus élevé que celui des Belges.

Le chômage à Bruxelles est donc le résultat de l’accumulation de multiples facteurs. En tant que parlementaire régional, j’ai travaillé sur toutes ces questions et j’ai été amené à faire une proposition: le droit pour chaque jeune à une première expérience professionnelle à la sortie des études. C’est dans cette optique que nous avons travailler avec le Front Commun Syndical à un Plan pour l’Emploi des Jeunes à Bruxelles.

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